« L’Etrangère » est un texte que j’ai écrit dans l’émotion de la nouvelle de l’assassinat à Kidal de deux journalistes français travaillant pour Radio France Internationale, kidnappés alors qu’ils sortaient d’une interview avec l’un des leaders du MNLA.

Voilà de quoi revenir sur cette tragédie du 2 novembre 2013 avec deux articles publiés le 13/11/13 et le 05/03/14

http://www.rfi.fr/afrique/20131114-enquete-sur-les-deux-journalistes-rfi-tues-mali-these-une-prise-otages-ratee-est-privilegiee/

http://www.rfi.fr/afrique/20140305-enquete-assassinat-journalistes-rfi-avance-pas-mali-kidal-claude-verlon-ghislaine-dupont/

Quand je relis ces articles et cette histoire de panne de voiture, je ne peux m’empêcher de faire le lien avec le témoignage de Zeidi Ag Baba, artiste de Kidal qui était présent lors de l’attentat contre la banque de Kidal, en décembre dernier : « le terroriste s’est explosé dans une TOYOTA toute neuve ».

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/mali-au-moins-deux-soldats-de-l-onu-tues-a-kidal_1307597.html

Situation absurde affligeante, s’il en est ! Combo picture of the two Radio France International journalists Dupont and Verlon, who were killed by gunmen in northern Mali

Dis-moi qui tu hais  (L’étrangère)

 

Que tu sois riche trader de la nouvelle Chine

Franc-tireur d’une armée de moudjahidin

Prince de sang condamné à l’exemple

Fantôme sans nom à la porte du  temple

Il y a un cri tout au fond

Tout au fond de l’oubli

C’est ce qu’il cache, lui là-bas,

C’est ce que tu m’arraches, toi ici

Etranger à la peur

Etranger à l’horreur

Juste une ombre, un reflet rebelle

D’une vie qui ne fait que passer

Ne te dérange pas

Je sais, c’est par là

Dis-moi qui tu hais

Je saurais qui tu es

Je hais la fièvre des marchés

Je hais l’exil des réfugiés

Je hais le poids des traditions

Je hais la foule sans nom

Un  cri tranchant,  à vif,  un laser

Pour chaque balle brûle mes chairs

Les chiens  sont à l’affût de leur goût amer

Les yeux brillent, les crocs mordent poussière

Quand l’écho repus sonne la fin du festin

Kidal, ma belle,  je hais ce sang sur tes mains

Kidal, ma soeur, savent-ils que c’est le tien ?

Une femme s’est tue dans le désert

Elle était là pour le cri de tes frères

Etrangère, au prix de la peur

Etrangère, au prix de l’horreur

Que tu sois riche trader de la nouvelle Chine

Franc-tireur d’une armée de moudjahidin

Prince de sang condamné à l’exemple

Fantôme sans nom à la porte du  temple

S’il te reste un cri tout au fond

Tout au fond de l’oubli

Pour ton salut, je t’en supplie

D’une étrangère, chante le nom

Pondi, le 8 novembre 2013

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