La projection de « Woodstock in Timbuktu » aura lieu ce jeudi à 20h30 au Cinéma REX à Pontivy et sera suivie d’un échange avec Zeidi AG BABA, chanteur-compositeur, fondateur du groupe HORIYA (Liberté) et Marc Abel pour le Collectif des Festivals bretons engagés dans le développement durable.

https://www.facebook.com/events/369813353168295/

Fin septembre, je suis montée à  Paris, comme on dit, pour ramener un ami tamasheq sur le chemin du retour et attendre l’arrivée d’un autre ami tamasheq rencontré lui aussi l’an dernier dans ma ville, au fin fond de la Bretagne : Pontivy. A cette occasion, j’ai revu un jeune diplômé originaire de Tombouctou installé aux portes de la capitale française suite à sa titularisation dans une de nos grandes entreprises, choix professionnel résultant d’une incapacité à  durée indéterminée : celle de pouvoir retourner dans son pays, en guerre, pour y concrétiser les projets  de développement qui l’avait amené à s’orienter vers des compétences de management.

Ce qui m’avait frappée d’emblée chez ce jeune homme, c’est sa très grande maîtrise de la langue française et son souhait d’être bien compris dans les réponses qu’il apportait à nos questions suite à la projection d’un très beau film d’une réalisatrice allemande Désirée von Trotha, « Woodstock in Timbuktu ». Cette réalisatrice a fait le choix de partager la vie des hommes et des femmes du désert, plutôt du côté du Niger, mais le film qui était projeté ce jour-là au pied du Mont-Blanc, lors du Festival « La croisée des chemins » mettait en lumière habilement ce qui fait sens entre artistes, organisateurs, bénévoles, habitants, à l’occasion de la mise en place du Festival au désert, dans la région de Tombouctou, dont la dernière édition remonte à 2012.

Chanteuse de Tamikrest, dimanche dernier en concert à Norwich. Magnifique cliché de Richard Shashamane
Chanteuse de Tamikrest, dimanche dernier en concert à Norwich. Magnifique cliché de Richard Shashamane

Depuis cette date, du fait du conflit armé, les artistes ont fui comme une grande partie de la population du Nord-Mali dans les camps de réfugiés et aujourd’hui encore, si vous allez sur le site du Festival au désert, vous y lirez l’expression « en exil ». L’équipe organisatrice continue à œuvrer pour défendre les valeurs de ce festival, notamment en mobilisant pas mal d’énergie et de logistique pour, en marge des nombreux concerts organisés à l’étranger,  mettre sur pied  pour la 2ème année consécutive la Caravane pour la paix, dont le lancement est prévu le 16 novembre prochain à Taragalte au Maroc. Ce projet culturel dans lequel coopèrent trois festivals africains s’adresse directement aux populations réfugiées.

C’est la raison pour laquelle, en solidarité avec ces artistes, ces populations, ces organisations qui ont appris à faire avec les difficultés, le manque de moyens, l’incertitude, j’ai souhaité  faire venir ce film « Woodstock in Timbuktu » à Pontivy et faire témoigner un des musiciens qui était sur la scène de ce festival international en 2012. Après avoir suivi les carrières internationales de TINARIWEN et autres pionniers du blues touareg, comme beaucoup d’autres jeunes de cette région de Kidal d’où il est originaire, Zeidi Ag Baba découvre aujourd’hui qu’il est en mesure de proposer à son tour ses propres chansons, sa propre musique, et de trouver les façons  de partager sa passion sur des scènes qu’il lui est impossible de conquérir pour le moment, en restant dans son pays.

Zeidi Ag BABA en concert à Pontivy, le 24 juillet 2013, avec TADALAT
Zeidi Ag BABA en concert à Pontivy, le 24 juillet 2013, avec TADALAT

http://saforatadalat.wix.com/zeidi-ag-baba

L’an dernier, Zeidi était déjà présent sur la région de Pontivy avec le groupe TADALAT, dont il était alors le bassiste, discret, curieux, ouvert,  et incroyablement communicatif sur scène. Contrairement à Mamatal dont j’évoquais l’éloquence et la maîtrise du discours, Zeidi n’est pas allé suffisamment longtemps à l’école pour s’émanciper, autrement que par la musique, de la condition de sous-développement qu’il partage avec son peuple. Mais aux Houches, au pied du Mont-Blanc, j’ai pressenti qu’il avait en lui une force précieuse, un visa indispensable pour franchir les obstacles nombreux sur la rampe de lancement de tout jeune artiste : une VOIX.

Flash back sur la tournée du groupe TADALAT en 2013 : http://www.terristoires.info/societe/du-desert-malien-au-centre-bretagne-le-bel-espoir-de-tadalat-1403.html


Ce festival « Voix du SAHARA »  se déroulera jusqu’à la prochaine saison des festivals d’été. La soirée de lancement du 6 novembre sera suivie le 27 novembre par la projection de « TIMBUKTU », en avant-première, une fiction cette fois qui nous plonge dans les affres du conflit et du djihad. Le film a créé l’événement au Festival de Cannes cette année, et son réalisateur, Abderrahmane Sissakogui, n’est pas passé loin de la Palme d’or.

Ecouter le reportage sur le projet « Voix du SAHARA » http://www.radiobreizh.net/fr/episode.php?epid=13379


 

 

 

 

 

 

 

4 thoughts on “VOIX DU SAHARA : rencontre avec Zeidi Ag Baba

    1. Il s’agit d’un cycle de rencontres. Les prochaines auront lieu le 22 janvier, le 19 mars, puis en avril et juin. Merci pour vos encouragements à poursuivre et promouvoir cette initiative portée grâce à un cinéma indépendant, le REX, à Pontivy, et au soutien des intervenants bénévoles que je sollicite pour faciliter les échanges à l’issue de la projection.

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