Le Prix de 5 continents de l'Organisation internationale de la Francophonie sera remis à Kamel DAOUD  le 28 novembre à Dakar, dans le cadre du XVe Sommet de l'organisation. Et pour le Goncourt ? Allez, encore un peu de patience...
Le Prix de 5 continents de l’Organisation internationale de la Francophonie sera remis à Kamel DAOUD le 28 novembre à Dakar, dans le cadre du XVe Sommet de l’organisation. Et pour le Goncourt ? Ben, non , pas cette fois !

« Le français est une langue d’infraction, de dissidence, d’imaginaire et de libération. »

KAMEL DAOUD

« Et après la libération, il faut de la liberté »

A écouter en podcast sur France Inter, l’interview de Kamel Kaoud à la veille d’un prix Goncourt qui rapelle que la littérature « française » a tout à gagner à se réclamer de la littérature en langue française, pour lutter contre le nombrilisme grandissant et l’obscurantisme qui se réclament des mêmes frontières qu’ils transgressent sans gêne pour nourrir violence, mépris de la différence, avec ou sans visage, mais au coeur même souvent des institutions censées défendre les libertés individuelles, l’égalité et la diversité.

La culture n’a pas de jambes, c’est pour cela qu’il faut la porter, l’humanité n’aura que l’avenir qu’elle saura défendre au prix de sa capacité de lutter au présent, collectivement contre toutes les agressions qui ternissent et méprisent jusqu’à la définition même du VIVANT. Kamel DAOUD par son parcours, par ses choix, rend le plus bel hommage qui soit à la construction du sens de la vie.

Ecrivain et journaliste, Kamel DAOUD décrit parfaitement la question des enjeux qui sont les nôtres en ce début de XXIème siècle quand il dit, si simplement, où se situe la différence entre le travail de l’écrivain et celui du journaliste : fabriquer du sens, fabriquer de l’actualité, ce n’est pas la même chose. Il serait urgent que nos sociétés dites modernes revendiquent, comme au temps des indépendances, une nouvelle forme d’émancipation pour redonner du sens à ce qui n’est, en fin de compte, que notre histoire peu commune, ou en tout cas de moins en moins perçue comme telle, quand elle tend à la médiocrité, au renoncement, au lieu de nous garder confiants et avides d’imaginaire, plus prompts à grandir qu’à hair.

http://www.franceinter.fr/emission-boomerang-kamel-daoud-nomme-linvisible-dans-meursault-contre-enquete

A écouter également, une interview réalisé à Marseille le 27 octobre dernier

http://www.journalzibeline.fr/programme/meursault-contre-enquete-un-entretien-avec-kamel-daoud/

2 thoughts on “Prix Goncourt : « Pas pleurer » alors !

  1. Je me rappelle quelques bribes de cette émission Boomerang consacrée à Kamel Daoud.
    J’avoue que cela m’a donné envie de lire ce livre, qui me semble tout-à-fait passionnant.

    Par contre, je m’étonne un peu de cette affirmation :

    « Le français est une langue d’infraction, de dissidence, d’imaginaire et de libération. »

    Le Français n’a-t-il pas été, lui comme tant d’autres, langue de colonisation, langue d’occupation, langue de domination?

    Il serait long d’entrer dans les détails, et je vais publier dans quelques jours un billet à ce sujet sur ma page http://lusafrica.mondoblog.org , mais la question de la langue est vraiment un enjeu important.

    En effet, la langue est à la fois un instrument de communication, mais aussi une manière de voir le monde, d’organiser le monde qui nous entour dans notre manière de l’exprimer. En ce sens, elle devient instrument car on tend à l’imposer aux autres.

    D’ailleurs, n’est-il pas un enjeu majeur, que de maintenir la Francophonie, ou la Lusophonie, actuellement? Et notamment par le biais des radios internationales, comme RFI, la Deutsche Welle, ou encore Voice of America, afin de maintenir une influence, au moins culturelle, à l’internationale?

    Je ne voudrais pas paraître pessimiste pour autant. Pour certains exilés politiques, la langue française fut une libération, car elle leur a donné l’occasion de s’exprimer librement hors de leur frontières. Pour sa poésie, la langue française fut une langue de poésie. Par Mai 68, la langue française fut une langue de dissidence. Et parfois, elle est une langue de combat. Je me rappelle encore de ces militants portugais, qui se retrouvaient en exil face à d’autres militants, et qui n’avaient pour seul langue commune que la langue française.

    Toujours est-il qu’il faut rappeler les deux aspects du sujet…

    J’ajouterai pour finir qu’il est tend que la France remercie le travail des écrivains d’expression française pour l’apport qu’ils donnent, justement, à cette imaginaire du français, et à ce qui pourrait devenir sa pluri-culturalité.

    Je n’ai, pour ma part, aucun problème à saluer respectueusement l’oeuvre de certains auteurs brésiliens, angolais, mozambicains, pour ce qu’ils ont pu aporter de richesse à la langue portugaise.

    Il est vrai que je ne parle pas directement de Kamel Daoud et de son livre dans ce commentaire, mais la citation m’a fait réflechir.

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