Une fois n’est pas coutume, je reproduis ici en l’état (les fautes de frappe en moins) un billet du jour publié ce matin au saut du lit sur ma page facebook, écriture spontanée.

Ce n’est pas parce que nous vivons dans un pays en paix…
[mais est-ce qu’un pays, une nation, qui se réjouit d’une vente de 24 avions Rafale est un pays en paix d’ailleurs ? Silence, la question mérite réflexion]
qu’il faut baisser la garde…républicaine :))

L’humeur du jour….

Bien sûr, vous le reconnaissez… il n’y a que lui pour avoir cette classe là, en toute circonstance :))

Zeidi Ag BABA sur la scène de TARAGALTE - Crédit photo Louis TISSIER
Zeidi Ag BABA sur la scène de TARAGALTE – Crédit photo Louis TISSIER

Zeidi relooké à Taragalte par son ami Amine, styliste marocain, symbole d’un blues touareg en mutation qui n’a pas fini de nous surprendre, symbole aussi d’une victoire sur toutes les portes désespérément closes qui vont à l’encontre d’un droit international fondamental : la mobilité des artistes.

Zeidi était hier soir sur scène, au Mali, à Mopti, avec tous les artistes de la Caravane culturelle pour la Paix et c’est à la fois grâce au Sud-Maroc et au Morbihan que ce petit miracle a lieu.
Il appartient désormais à Zeidi de savoir ce qu’il veut/peut faire des miracles :))
Il appartient surtout au Consulat de France à Bamako de reconnaître le travail anonyme réalisé par une élue et des habitants d’un territoire rural pour arrêter de nous faire passer pour des…passeurs !!!!
Au passage, je mets le pPréfet du Morbihan dans la même barque à faire chavirer pour faire mourir sur les côtes de la planète Musique toutes les hypocrisies d’un système qui bâtit son économie sur la misère et tant qu’à être cynique, – c’est vrai ça, pourquoi s’arrêter à la guerre des visas -, sur la vente d’armes.
Vive la République, vive la France !

Message personnel : Monsieur le préfet du Morbihan qui avez refusé la prolongation de visa de Monsieur Zeidi Ag Baba et avez ruiné tout nos projets de coopération artistique et culturelle ce faisant, merci de rappeler votre ami Jean-Louis Soriano à Bamako pour lui dire que je ne cache personne dans ma cave. Ma cave, c’est ma maison, un vrai frigo, alors si des gens voulaient vraiment s’installer en France, il ferait mieux de choisir une autre adresse !, petit conseil au passage. Déjà moi j’ai fui au Sahara pour m’éviter un 8ème hiver dans ces conditions, encore heureux, j’ai pas eu besoin de visa pour me chauffer gratos au Maroc, juste 100 euros, tout ce qu’il me restait à la banque.
Monsieur le Préfet du Morbihan, merci de rappeler votre ami Jean-Louis Soriano à Bamako pour lui dire que j’entends bien refaire une demande de visa pour un autre artiste, dont personne n’a le droit de nous priver : MOUSSA MAIGA, resté à Kidal toute la durée du conflit. Et que cette fois, n’étant plus élue en charge de la Culture sur 45 communes rurales, je n’aurai aucune raison de douter du bon fonctionnement de notre administration française et je pourrais plaindre ce Monsieur, dont le bureau croule sous les demandes de visa : 120 par jour.Tellement c’est trop, maintenant ce n’est même plus le consulat qui prend les demandes de rendez-vous,il faut passer (et payer bien sûr) par un service extérieur. Oui, c’est pas bien dificile, dans le fond, de faire tourner une économie sur le dos de la misère…il suffit d’oublier chaque jour un peu plus les principes fondamentaux qui fondent une société, son développement, et après tout semble normal et vous n’avez plus qu’à voter Front national, histoire de pêter un bon coup de frein quand votre économie est déjà à l’arrêt. C’est simple, non ?

Revoir un artiste heureux sur scène ne devrait pas relever du challenge permanent selon que l'on est un artiste du Nord ou du Sud
Revoir un artiste heureux sur scène ne devrait pas relever du challenge permanent selon que l’on est un artiste du Nord ou du Sud

Aucun cadavre qui s’échoue sur nos côtes européennes ne devrait être anonyme. Si nous ne pouvons pas sauver la vie de ces clandestins, sauvons au moins le droit et battons-nous aux côtés des artistes, des festivals qui les font tourner malgré les obstacles. Un peuple meurt quand il cesse d’être créatif, c’est ça ? Amis bretons, les Kel Tamasheqs sont le meilleur exemple d’un peuple, d’une culture, qui ne veut pas mourrir !

C’est nous qui avons besoin des touaregs pour nous rappeler cette vérité bafouée par les Etats eux-mêmes et leurs administrations zélées qui coupent si bien les Z’ailes à qui voudrait voir les hommes et les femmes voler, s’émanciper, plutôt que de vivre en esclave.
Si les Kel Tamasheqs, les hommes libres, ont besoin de moi, de vous, c’est juste parce que la FRANCE, notre si beau pays membre du G8, leur a imposé une situation ingérable, invivable, et que par dessus le marché elle retient prisionnière dans son propre pays, que ce soit le Mali, le Niger, le Maroc, l’Algérie… la nouvelle génération d’artistes qui pourrait contribuer à ramener la paix au Sahara !

Au passage, amis bretons, vous connaissez bien le Ministre de la Défense qui sert la cause juste défendue par François Hollande au MALI, Jean-Yves Le DRIAN, c’est un breton lui-aussi et pas des moindres.

En dehors des nombreux bénévoles qui accompagnent le projet artistitique de Zeidi, le seul breton dans ce dossier qui mérite mon respect et à qui je dois une gratitude sans nom, c’est le breton de la région de Pontivy qui, à peine arrivé en poste à Kidal, a demandé à rencontrer Zeidi Ag Baba et l’a mis dès le lendemain dans un hélicoptère pour lui permettre de rejoindre Bamako pour sa demande de visa, déjà refusée deux fois malgré tous nos efforts, ceux de l’intéressé, de ses amis au Mali, de sa famille.

Des gars comme ce Pontivyen anonyme, je dis BRAVO ! 

Elle serait belle la France aujourd’hui, s’il n’y avait eu que des collabos et pas de gens courageux pour désobéir et prendre des risques ! Ce n’est pas parce que nous vivons dans un pays en paix…
[mais est-ce qu’un pays, une nation, qui se réjouit d’une vente de 24 avions Rafale est un pays en paix d’ailleurs ?))….silence, la question mérite réflexion]
…qu’il faut baisser la garde…républicaine :))

Quelques heures plus tard, j’écrivais ceci, en réaction à la traduction d’une chanson de TINARIWEN

A méditer…à force de déserter nos instutions, nos consciences, nos villes, la bienveillance (à ne pas confondre avec vidéosurveillance !), l’amour de l’être humain, l’amour des ressources qui lui permettent de survivre, pauvrement, modestement ou sans aucune retenue ni considération pour les autres, pourait ne plus jamais recroiser nos routes….Merci TINARIWEN (lien vers la chanson ci-dessous)

Mais vous vous demandez qui est Moussa ? Normal ! Figurez-vous que moi aussi, puisque je ne l’ai jamais rencontré. Kidal, ce n’est pas la porte à côté et puis ce n’est pas trop conseillé d’y mettre les pieds. Mais une chose est sûre, je l’attends, il est en chemin, et si tout va bien, il pourra bientôt nous faire partager sa musique, sa poésie, son histoire, made in SAHARA, inchallah.

Si vous êtes trop impatient de faire sa connaissance, vous pouvez toujours le croiser sur ce blog dans l’article consacré à son ami PINO, qui aurait tellement voulu qu’il l’accompagne dans l’aventure du tournage de TIMBUKTU.

http://dernierbaiser.mondoblog.org/2014/12/08/hymne-diversite-sel-vie-ses-langages-pino/

 

Moussa, guitariste de KIDAL, pilier avec son ami PINO du groupe AMAWAL
Moussa, guitariste de KIDAL, pilier avec son ami PINO du groupe AMAWAL

TINARIWEN – ARHEGH DANAGH

ARHEGH DANAGH
(Mes amis, je tiens à vous dire)
« Mes amis, je tiens à vous parler des aventuresCe qui touche le cœur ne peut pas être cachéEt tout ce qui l’atteint le blesseL’amour d’aujourd’hui est comme un miragePlus tu t’en apprcohes, plus il s’éloigne,

Ça fait dix ans que l’amour m’a laissé

Qu’il a déserté mon âme

Et n’a plus croisé mon chemin. »

ARHEGH DANAGH
(My friends, I want to tell you)

« My friends, I want to tell you about adventures

What touches the heart cannot be hidden away

And all that reaches it wounds it

Today’s love is like a mirage

The closer you get, the further away it goes

It’s been ten years since love left me

That it deserted my soul

And no longer crosses my path. »

 

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