Depuis que j’ai eu la chance incroyable de participer à la vie du réseau Mondoblog, il s’en est passé des trucs, bidules, dont je ne me doutais pas qu’ils ébourifferaient ma vie à tel point.

J’en ai croisé du monde et fait des kilomètres quand j’aurais pu sombrer sans plus d’état d’âme dans le doux silence d’une vie quasi-monastique, les heures de prière, l’odeur d’encaustique et d’encens en moins. Oui, face au bruit, à la fureur, à la stupeur, qui ne se laisserait pas tenter par l’envie égoïste mais salutaire de se retirer de l’annuaire ?

Mondoblog m’a connectée au monde et donné le courage d’y écouter, malgré la rumeur tonitruante des symphonies silencieuses auxquelles j’aspire pour me sentir moi-même vivante, inspirée, inspirante.

J’ai troqué ma routine et mes cours de chant traditionnel en breton contre les sonorités d’un blues du désert et les imaginaires d’un peuple nomade dont je ne sais rien ou si peu, sinon qu’il mérite notre considération d’hommes et de femmes piégés par l’idéologie de la modernité.

Je suis devenue « l’étrangère ». Pas encore nomade, je ne le serai sans doute jamais, sauf cas de force majeure, mais déjà moins sédentaire.

Il est temps de s’interroger avant de suffoquer sous le poids de ses propres contradictions. L’hymne au confort, devenu norme et règle morale en moins de quelques décennies, cache les mille défaillances d’un système construit sur le pari de la richesse et non de la pauvreté, de la sobriété : le dogme de la croissance mis à mal par ce que nous savons désormais du non sens de la spoliation des ressources, humaines et naturelles, que cette logique du toujours plus implique.

Des logiques de guerre.

Des logiques de l’absurde.

Des logiques de spectacle.

Depuis que je suis à Mondoblog, mes enfants ont grandi. Moi aussi.

Ma fille Lucine a découvert le monde et les voyages grâce à la danse.

Depuis que je suis à Mondoblog, j’ai retrouvé l’appétit et l’audace d’assumer mes envies, à commencer par ce que j’ai toujours remis à plus tard de peur de ne savoir que faire des mots, des sentiments, quand tout le reste n’importe plus, que l’on vous ait tout pris ou que vous ayez tout perdu. Qu’importe.

Écrire et vivre l’écriture comme la seule urgence absolue, même si votre vie n’est pas en jeu. Ne pas s’excuser d’être née du bon côté de la frontière, remercier la vie de ne pas vous avoir jetée sur la route de l’exil. Juste faire de son mieux pour que votre voix couvre le vacarme ambiant, le temps d’une respiration partagée.

Je ne realise pas encore complètement ce qui ne demande qu’à s’accomplir, je le sais, j’ai les pieds qui se prennent encore d’impatience dans ma mue. Je m’accroche, je m’écorche, je trébuche, faillir n’est pas défaillir.

J’ai des illusions qui pèlent comme des peaux mortes à la surface de ma conscience. Je peine à m’en défaire, mais je ne me débats plus pour  leur donner du sens. Je suis sortie saine et sauve de ma propre mise entre parenthèses. Le désir a valeur d’existence. Voilà qui tenait lieu alors dans mon esprit de kit de survie.

Depuis que je suis à Mondoblog, je crois qu’il n’y a pas une semaine où – ô affres de la paresse – j’aurais pu faire beaucoup mieux que ce que j’ai fait, mais pas un seul jour non plus, où j’ai préféré ne rien faire et trouver 1000 excuses à ma lâcheté, plutôt que prendre le risque de me tromper ou de déplaire.

Mon aventure au sein du réseau Mondoblog m’a ainsi ouvert les portes de deux autres plateformes web culturelles : Unidivers en mai 2016 et Music in Africa en novembre 2017. Car suite à la création de Plan B, j’ai eu rapidement envie d’aller plus loin, de provoquer d’autres opportunités. S’exercer à publier des articles dans un autre style, pour d’autres publics.

J’ai osé faire ce qui n’allait plus forcément de soi quand des circonstances diverses mais cumulées m’avaient profondément blessée dans mon estime, dans mon capital confiance.

Sans trop me poser de questions, sans tergiverser sur des alternatives qui ne se bousculaient pas au portillon de toute façon, j’ai su revendiquer cette capacité à ne pas limiter mon horizon à tel ou tel champ d’action ou à une aire géographique donnée, parti pris qui a marqué tout mon parcours professionnel et enrichi constamment mes compétences.

J’ai décidé de ma propre légitimité à partager mon expérience pour ce qu’elle vaut et j’ai continué à faire confiance au pouvoir des rencontres, à la force du collectif, à la réactivité des réseaux.

Cet article publié le 8 février 2018 par Unidivers suite à un direct sur les ondes de RCF Alpha à Rennes illustre bien ce qui anime mon engagement de femme, de militante culturelle, d’élue locale.

Depuis Mondoblog, j’ai découvert la joie de croiser au Sahara des femmes à qui cet engagement parle, quelque soit leur âge. C’est dans leur regard et non dans le mien que j’arrive à m’accepter petit à petit … écrivain.

https://www.unidivers.fr/francoise-ramel/

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