30 avril 2019, Pontivy

Cher Khalifa,

Je ne t’écris plus, ni de chansons, ni de messages sur Facebook ou WhatsApp. Où t’écrire ? Et pour te dire quoi ? Sinon l’injustice qui nous prive de toi. Un an déjà !
J’ai publié sur mon blog, tu sais, quelques textes de chansons. Celle-ci je l’ai écrite pour toi, en mars 2016, à Chegaga, où tu gardais seul un campement désert. J’ignore d’où me sont venues ces paroles. Je ne me rappelle même pas les avoir écrites. Ou alors était-ce cette nuit de pleine lune quand la pluie m’a cueillie au matin ?
Oui, je m’en souviens maintenant, c’est d’ailleurs sans importance.

Chegaga, avant la pluie – Crédit photo Françoise Ramel

Cette chanson sans mélodie existe et elle résonne étrangement à mon oreille aujourd’hui.

Je la partage ici pour ce qu’elle exprime de tristesse, alors que j’ignorais que j’aurai à l’éprouver un jour, tous les jours, en pensant à toi, loin de Chegaga.

Khalifa Balla, musicien du Sahara
Crédit photo Rosanna Garreffa

Il y a un an, sous le choc de la nouvelle, j’ai su trouver les mots je crois, les voilà envolés avec toi comme des compagnons de voyage. J’ai tout le temps à présent pour le silence, cette fleur du désert que j’arrose consciencieusement pour me convier en ta présence.
Je suis heureuse de t’avoir tout dit quand cela était encore possible. J’ose croire que tu m’as entendue. Je chéris toutes ces ambiances complices qui ont scellé notre amitié et je voudrais encore te dire combien ta compagnie m’est précieuse.

Je garde en moi chaque instant où grâce à toi je me suis sentie si vivante, si paisible, si confiante.

Au festival des nomades, mars 2015, chez lui, Khalifa jubile et chante dans le public Crédit photo Françoise Ramel

MEKTOUB

Moi jeune nomade, je me perds dans la lune
Pour oublier le chagrin que tu laisses derrière toi
J’ai quitté le village pour retrouver le sable des dunes
Je parle aux étoiles, mes amies
Mon esprit voyage avec les nuages
Il te suivrait n’importe où pour te plaire
L’oued se remplit de mes larmes
Le vent chante ton nom
Presque malgré moi mon pas danse en silence
Je cherche dans la lumière du soir qui s’en va vers le jour
Ton sourire, la beauté de tes yeux,
La vérité d’un amour puissant
Mon cœur en tremble encore
Mes lèvres sont en feu du désir de nos baisers
Ma gorge est sèche de s’être trop serrée
Moi jeune nomade, je me demande
Où porte ton regard dans cette ville immense
Qui t’arrache au désert, qui t’arrache à moi

Cette machine où les rêves se vendent

Quand ici mon rêve n’a pas de prix
Il s’appelle liberté et je ne sais
Quel mauvais esprit préfère m’en priver
Plutôt que me laisser veiller sur le désert
comme sur mon troupeau, loin de tout,
surtout loin de la folie des hommes
Ton pas danse au milieu de cette folie
Pas de vent pour chanter mon nom
Pas de soif pour serrer ta gorge
Pas de silence pour prendre ton envol
Et faire exploser ton cœur sous la force du désir

J’ignorais que l’amour perdait ses ailes
Même l’amour le plus sincère, le plus profond
Quand la vie décide de séparer ceux qui s’aiment.

Crédit photo Françoise Ramel

Khalifa, ta voix n’est pas souvenir, elle nous accompagne

Les apparitions à l’écran de Khalifa Balla sont rares. Ces images tournées en mars 2017 par Laila Lahlou pour Télé Maroc sont les seules où il s’exprime sur la musique et sa culture.

Khalifa, à partir de 38′, avec Brahim et Mohamed, Auberge La Palmeraie, documentaire « M’hamid el Ghizlane », mars 2017

مدينة وذاكرة يشد الرحال إلى "محاميد الغزلان" آخر واحة في وادي درعة (بث مباشر)

Publiée par Télé Maroc sur Jeudi 19 octobre 2017

 

B comme Bonus

Khalifa et Mohamed de retour au village, l’Europe dans les bagages

Noël, c’est pas toujours dimanche.

Le Sahara inaccessible ? Heureusement non !

 

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