Pino, Ibrahim Ahmed, meilleur acteur africain, grâce à son tout premier rôle au cinéma
La belle histoire d’un guitariste tamasheq démarché à partir d’une simple photo dans le studio où il enregistrait à Bamako.

Apologie d’une rencontre…

Si quelqu’un m’avait dit quand j’ai eu cette chance inouïe d’être de la dernière sélection Mondoblog, « tu sais, il va t’arriver des trucs fous »,  je ne l’aurais pas cru. Et puis, voilà, il arrive un truc fou à l’ami de l’ami d’un ami et je me retrouve pour mon plus grand bonheur, le vôtre aussi espère, dans la confidence d’une histoire incroyable, qui me relie une nouvelle fois à Kidal.

C’est lors de l’avant-première de Timbuktu à Pontivy, que je découvre grâce à « Voix du Sahara » un artiste tamasheq dont le jeu libéré de toute autre nécessité que celle de rendre une émotion sincère et juste à l’écran me remue profondément.

Une semaine plus tard, ô magie de la rencontre, Pino, l’acteur en question, et moi, étions déjà en grande conversation trois heures durant, comme si nous partagions la même table à la terrasse d’un café, au soleil évidemment. Vous préférez que je pose le décor comme le fait si bien Abderrahmane Sissako, heureux amant de la lumière et du silence ? Soit, vous avez raison, soyons exigeants et goûtons sans modération la coquetterie du fantasme à portée de clavier.

Après tout, comme j’aime à le dire, à chacun de mettre ce qu’il veut derrière cet adage personnel qui interroge l’urgence à posséder plutôt que renoncer à devoir choisir, à s’établir plutôt qu’à s’évader, à s’infirmer quand vivre c’est d’abord s’affranchir : le désir a valeur d’existence. Fanchon

Je soigne les préliminaires, patience, encore quelques lignes et je vous laisse en compagnie d’Ibrahim Ahmed, alias Pino de son nom d’artiste, mon héros du jour, propulsé meilleur acteur africain par une caste professionnelle à laquelle il appartient désormais presque malgré lui. Là encore pas question de bouder notre chance, la sortie nationale de Timbuktu donne enfin à ce récit cinématographique toute sa profondeur de champ, éminemment politique. Un récit qui tel un chant révolutionnaire appelle à l’indignation populaire et solidaire, toutes nations confondues, au nom d’une humanité en danger. Ce chant nous hantera longtemps et marquera, c’est mon espoir, l’histoire du cinéma.

Avant de sentir l’impact de cette onde de choc invisible d’une puissance salvatrice, dont le monde a besoin pour réveiller responsabilités et consciences, faire cesser le bruit des fourchettes qui s’activent devant l’écran de TV rythmant l’indifférence d’une époque narcissique et boulimique, je vous invite à entendre une voix du Sahara, celle d’un beau petit gars de Kidal, originaire de Gao. Dans son désert, loin là-bas, tout le monde connaît Pino, mais peu savent ce qu’il vit d’extraordinaire aujourd’hui. Combien savent qu’à travers lui, grâce à la magie du 7e art, tout un peuple sort de l’anonymat ? Pour les Kel tamasheq, ceux qui parlent tamasheq, la langue vaut territoire et ce territoire a pour nom Poésie. Tout autant que l’Azawad, cet espace désertique qui nourrit hommes et bêtes, loin des rares bandes de goudron, la langue et la culture sont la fierté de cette société nomade ancestrale,  éclatée, minorée, relevant administrativement de plus d’une dizaine d’Etats, lourd héritage de la décolonisation française.

Ado, Pino s’adonne au rap puis fonde avec d’autres musiciens Tamikrest, un groupe qui connaît aujourd’hui une belle carrière internationale. De cette époque, gravée à jamais dans la pierre, il reste une belle et solide amitié avec Moussa,  lui aussi à l’origine du groupe. Moussa vit toujours à Kidal, Pino a fait le choix de quitter la zone de conflit. S’il endosse aujourd’hui avec une aisance surprenante le costume de star de cinéma internationale, au moins le temps de se prendre au jeu, c’est suite à ce choix difficile. Cependant, la grâce qu’il incarne à l’écran, cette beauté d’âme qui s’imprime comme une caresse dans nos rétines éblouies, vient tout droit de ce désert qui ne le quitte jamais;

C’est un des nombreux talents de ce film que d’avoir su rendre si sobrement des gestes, des postures, des regards qui se passent de toute parole superflue, ne cherchant jamais à nous piéger dans une situation ou un jugement, pour ne garder que l’écho d’une présence plus forte que la violence. C’est par ce jeu subtil, par cette intelligence du coeur mise en scène en lieu et place des clichés que recycle à l’infini l’industrie du spectacle, qu’Abderrahmane Sissako et son équipe parviennent à emporter l’adhésion. Nous toucher intérieurement, de façon sensible et universelle, s’intéresser d’abord et surtout à l’humain, filmer chacun, adulte, enfant, djihadiste, habitant, à travers ce prisme-là : voilà le pari fou de Timbuktu.

Pino aurait tellement aimé que Moussa, l’ami, le frère, soit associé au projet, il a tout fait pour. Le contexte a rendu la chose impossible. Mais une fois terminée la tournée de promotion du film événement de l’année, ces deux-là feront tout pour se retrouver et finaliser leur prochain album : Amawal. Pari tenu !

Enfin je plante le décor, comme au cinéma. Je suis en Bretagne, Pino en Andalousie, Moussa à Kidal, et alors ? Nous voilà, Pino, Moussa et moi, à partager le plaisir d’une belle et longue causerie, comme si le rythme du rituel touareg pouvait transfigurer mon clavier et mon monde virtuel en invitant dans ma cuisine toute la beauté du fleuve Niger.

la Dune Rose, dite "Koïma Hondo" dans la langue Songhaï,  "Koïma" évoque le lien aux liégendes transmises pr les sorciers "allez et écoutez" C'est là que Pino nous invite à le rejoindre pour nous dire son histoire, en compagnie de son milleur ami, Moussa, resté à Kidal.
La dune rose, dite « Koïma Hondo », près de Gao ville natale de Pino. Dans la langue songhaï, « Koïma » évoque le lien aux légendes transmises par les sorciers « allez et écoutez ».

Une invitation à prendre le thé sur la dune rose de Koima, ça vous dit ? Ibrahim et Moussa nous attendent…

 

Silence, on tourne, désert, oublié bonheur, même là-bas il devient difficile de vivre hors du temps…

Fanchon : d’abord merci Pino d’accepter de te confier, dans ce moment de ta vie si important, à la veille de la sortie nationale en France de ton premier film « Timbuktu »

Pino : merci à toi qui me donnes l’occasion de remercier sur Mondoblog tous ceux qui ont cru en moi et m’ont donné la chance de m’exprimer par le 7e art.

Fanchon : elle commence comment l’histoire de ce meilleur acteur africain, qui disait il n’y a pas si longtemps  » Si c’est ça le cinéma, ben je continue » ?

Pino : j’étais en studio pour enregistrer mon album solo à Bamako, je voulais rendre hommage par mon travail à mon peuple, pris en otage par les djihadistes et l’amalgame avec le problème politique Nord-Sud au Mali. Quand j’ai été sollicité pour jouer dans le film d’Abderrahmane Sissako, j’ai vu tout de suite que je correspondais au personnage souhaité, le scénario portait sur le même sujet que mon album. C’est parce que je suis un jeune Touareg qu’il fallait que je le fasse. Qui mieux que moi peut comprendre l’amertume de mon peuple ?

J’étais à Kidal quand les djihadistes ont commencé à venir s’installer pacifiquement. Personne ne se doutait à cette époque qu’ils allaient imposer l’inadmissible. La religion chez nous n’a jamais été une barrière entre les populations. Je côtoie chrétiens et musulmans sans distinction. Ce qui importe dans la culture que mes parents et ma communauté m’ont transmise, c’est qui tu es, pas ta croyance religieuse. Ce n’est pas un sujet de discrimination entre nous. Que tu sois peul, bozo, sonrai, touareg, ici tout le monde partage cette idée qu’une cohabitation est possible dans l’amour, le pardon, la fraternité.

Aussi différents que soient ces hommes venus d’ailleurs, ils ont été accueillis dans cet esprit de tolérance au sein de la population. En quoi l’homme est différent d’une bête au zoo si tu lui enlèves sa liberté d’exercer la religion, le métier ou la passion de son choix ? J’ai conscience d’être né dans une culture aussi vieille que Rome, jamais on a lapidé, jamais on a exécuté qui que ce soit au nom de la religion. Cela veut dire quoi interdire la musique, l’art, la poésie ? Ma langue, le tamasheq, est en soi poésie. Quant à la musique, demande à Moussa ce qu’elle représente pour nous, peuple du désert.

Moussa : la musique, pour un Kel tamasheq, c’est beaucoup plus qu’une passion, c’est une philosophie, un art qui nous pousse à nous aimer les uns les autres. Que tu sois pauvre ou riche, ça nous unit, ça nous rapproche. La musique, c’est une invitation au partage qui s’adresse à toute la communauté. J’ai grandi avec cette philosophie. Je n’ai que 29 ans, mais en fait, je suis, comment te dire, le premier professeur de musique professionnel à Kidal. J’encourage les jeunes à aller de l’avant, à oser s’engager dans des voies professionnelles même si c’est difficile pour nous tous, surtout avec cette guerre. C’est à eux maintenant de faire découvrir toutes ces belles choses qui font notre culture, notre manière d’être avec les autres,  à travers le monde. Je n’ai pas fait d’école de musique comme ça existe chez vous, juste un petit stage de six mois, mais je n’ai pas mon pareil pour taquiner le manche d‘une guitare, pour reconnaître un bon guitariste à la souplesse de ses doigts, un bon poète à ses paroles, quand elles nous unissent tous.

Le fait que Pino ait été choisi pour jouer dans ce film Timbuktu, c’est génial, pas seulement parce que la communauté internationale doit ouvrir les yeux sur nos souffrances. Aussi parce que c’est un musicien qui tient le rôle principal. Notre communauté s’est éclatée à cause de l’évolution des mentalités, c’est vrai, mais aussi parce qu’aujourd’hui les familles sont séparées et qu’après les rébellions de 1990 et de 2006, c’est comme si la vie et le deuil ne faisaient plus qu’un. A Kidal, tout a été détruit, la maison de culture, les boîtes de nuit des jeunes, nos familles… Tout a été détruit. La musique, y avait pas. J’ai vécu tout ça, les rébellions, les massacres sous mes yeux, la violence sous mes yeux, la peur je ne la sens plus dans mon cœur. Tu comprends, qu’un réalisateur donne la parole à Pino, qu’il permette par son talent et celui de son équipe de faire que notre langue soit entendue dans les cinémas du monde entier, alors que notre voix ici semble ne jamais être entendue, c’est vraiment très important.

Fanchon : en acceptant ce travail si nouveau pour toi, Pino, tu n’imaginais pas que ce film aurait une telle notoriété internationale grâce au Festival de Cannes. Dans quel état d’esprit étais-tu pour ne pas te mettre la pression et rester à la fois toi-même et serein ? Je sais que ce qui te préoccupe en marge de cette belle aventure,  c’est de retourner à ton projet d’album, de trouver la façon de pouvoir faire venir Moussa sur l’enregistrement.

Pino : pendant le tournage, j’étais zen, tranquille, j’ai retrouvé mes dunes et un Abderrahmane simple comme bonjour qui m’a dit : » Pino, joue comme tu le sens », alors tout s’est bien passé. Le film raconte tout ça, ce que Moussa t’a expliqué, je veux dire. Le film est là pour ça, pour témoigner de l’horreur sans s’éloigner de la réalité du quotidien, sans s’éloigner de la réalité des gens et c’est pour ça que le film parle à tout le monde. Aussi radical que soit n’importe lequel de ces djihadistes, il reste en lui une flamme qu’il ne pourra jamais éteindre, celle-là qui caresse la beauté de la peinture, de la sculpture, de la poésie, de la musique. Le sel de la vie, il est dans tous ces (ses) langages. C’est quoi vivre loin de l’émotion que procure le verbe, le langage de l’art ?

Les Touareg sont les seigneurs de la patience, l’immensité du désert forge l’homme qui l’habite. Chez moi le temps n’existe pas, ce que tu ne peux pas faire aujourd’hui, demain tu le feras. Le silence est roi, tu apprends à aimer son décor. C’est l’absence de perspective d’avenir qui est à l’origine de ce fléau au nord du Mali. Tu sais, quand l’homme n’a plus d’espoir, il est une cible facile, car il est bon marché. Dans le film, on voit des jeunes, des musiciens qui ont rejoint ce mouvement, car donner un sens à sa vie est humain. Certains l’ont trouvé dans le djihad. Pino

Fanchon : mais toi, quand tu vois cette scène du jeune rappeur qui a rejoint le djihad, est-ce que tu t’identifies comme si son destin aurait pu être le tien ?

Pino : oui, car ne je ne peux pas vivre sans ma musique. Je suis allé loin de tout ça, je suis heureux de savoir que je n’ai le sang de personne sur les mains. Sur scène, je suis dans mon désert, à croire que tout le public parle ma langue. Les concerts, c’est vraiment des moments magiques où je viens devant la foule accompagné de mon désert et de son soleil. On a tous besoin de ces moments où l’harmonie se crée comme par magie.

Alors tu peux comprendre comme je suis triste d’être faible, triste de ne pas pouvoir agir, triste de l’indifférence des politiques, triste de voir l’oppression taper à la porte de mon havre de paix. Je suis triste aussi de ne pas pouvoir aller là-bas, rendre visite aux réfugiés dans les camps. Dès que l’occasion se présentera, je veux pouvoir m’y rendre. Grâce au film, j’ai récupéré beaucoup de ballons de foot et des tonnes de T-shirts pour les enfants qui vivent loin de leur campement.

Amawal, c'est le projet sur lequel Pino espére trouver des soutiens  professionnels pour retrouver son ami Moussa,  sans qui il n'envisage pas de sortir son premier album solo.
Amawal, c’est le projet sur lequel Pino espère trouver des soutiens professionnels pour retrouver son ami Moussa.

Pour te parler de l’album, qui m’attend aussi, c’est juste ma partie qui est enregistrée. Pour Moussa on n’a pas pu, il avait des problèmes pour me rejoindre à Bamako avec tout ça. Ce qu’il nous faut, c’est un producteur pour nous mettre en studio et finir le travail. Je ne me vois pas faire la musique sans lui, c’est pas juste un ami, c’est mon frère, avec lui j’ai tout partagé et je suis triste de le savoir là-bas. Pour moi, c’est le meilleur, c’est avec lui que j’ai créé Tamikrest au tout début. Ce nouveau groupe s’appelle Amawal, et on fait du blues du désert bien sûr, mais aussi du reggae, en tamasheq, en français,  même en anglais.

Comme pour la sortie de ce disque qui me tient tant à cœur, le Prix du meilleur acteur africain qui m’honore aujourd’hui, c’est à ma communauté et à tous les gens au Nord-Mali que je le dédie, à cet immense Azawad. Je voudrais y être et partager ma joie avec eux.

C’est bien que tu me parles de ce jeune rappeur dans le film, j’adore cette scène. En plus du jeu entre les personnages qui est extraordinaire, je suis touché par la réalité de l’instant filmé dans ce qu’il a de plus comique et banal, alors que tout est si grave dans cette façon de se renier soi-même. Comme je le dis sur un des titres de mon album, un chien a vu son ombre et l’a prise pour un loup. C’est une image pour dire que parfois l’individu se trompe, se perd, mais notre nature revient nous dire qui nous sommes.

Fanchon : tu veux bien nous dire justement ce que cette première expérience de tournage t’a appris en particulier ?

Pino : du cinéma, j’ai appris une chose. Tout est chez l’autre, ton interlocuteur a le pouvoir de sortir de toi toutes les émotions souhaitées. J’ai juste fait le vide, j’ai écouté. J’étais sans les caméras, juste en débat avec des gens super qui m’ont fait pleurer, ce qui n’arrive pas souvent. J’ai aimé ça, l’écoute a un pouvoir sur nous. Si tu comprends ton personnage, tout est facile au cinéma.

Fanchon : à  t’écouter, c’est vrai que ça a l’air vraiment facile !

Pino : ma nature, on la retrouve dans mon personnage. Je suis comme ça, tranquille. Tu sais, Abderrahmane m’a choisi sur une simple photo, on ne s’était jamais croisé avant de se retrouver à Nouakchott, en Mauritanie, pour aller sur le lieu du tournage. Même s’il avait dit, « c’est lui que je veux », moi je ne croyais pas être pris. Après le casting, j’ai même oublié tout ça jusqu’à ce qu’on m’appelle. Je suis comme tout le monde sur l’autoroute de la vie, je force rien, je prends ce qui s’offre à moi. L’an dernier, j’étais chez toi en Bretagne, au Festival du bout du monde, avec mon groupe Terakaft… C’est sympa la pluie (rire). Pour revenir à « Timbuktu », les superbes critiques qui parlent du film,  ça me touche énormément, comme ce prix bien sûr. « Meilleur acteur africain », tu parles d’une surprise !

Sur chaque scène, j’ai essayé  de trouver le père en moi, de me mettre dans la peau de tout père qui doit laisser derrière lui ce qui lui est le plus cher au monde. Le trophée d’une vie, c’est ta famille. La tragédie, la vraie, c’est celle que vivent toutes ces familles détruites par la guerre, c’est l’exil des uns et l’exil que cela crée tout autant chez celles et ceux qui sont restés derrière. En Kel tamasheq, on a une expression qui n’a pas d’équivalent en français pour dire à la fois le temps qui dure, le temps de ta propre génération : AZAMAN. Apprendre à vivre avec le désert, c’est pas possible si tu ne portes pas en toi l’idée que nous sommes tous liés les uns aux autres et tous reliés à une même destinée. Personne n’est à l’abri et tout le monde participe à veiller sur la sécurité de l’autre, même et surtout si c’est un étranger.

Transmettre la culture tamasheq, un enjeu lié à la diversité culturelle qui intéresse l'ensemble de la communauté internationale
Transmettre la culture tamasheq, un enjeu lié à la diversité culturelle

Fanchon : le dernier mot te revient, Moussa, qu’aimerais-tu ajouter pour que tout le monde sache que « Timbuktu » est l’occasion unique de découvrir ce que tu vis, toi, en étant resté à Kidal ?

Moussa : toutes mes compositions sont inspirées du folklore touareg, même si je joue dans différents répertoires du blues au funk. Ma vie d’artiste a été pour moi une aventure et un rêve brisé au fond de moi. Mais ça a nourri quelque part ma singularité, mon style musical… Quand je chante les rêves brisés, la chance, la malchance, le bonheur, le malheur, je sais que ça parle à tout le monde, chacun apporte sa signature par sa propre histoire, unique.

J’aimerais que les jeunes Touaregs soient tous unis et travaillent tous à sauver notre culture, à la transmettre à leur tour comme l’ont fait avant eux des centaines de générations. Les anciens nous ont légué cette si belle poésie et toutes ces histoires ancestrales tamasheq vouées à la disparition, si notre mode de vie disparaît avec  nous à cause des problèmes. Il y a le sous-développement et puis maintenant cette guerre qui fait qu’ailleurs dans le monde, les gens mal informés font vite l’impasse sur qui nous sommes, sur l’histoire d’un peuple millénaire, pour ne retenir que les images chocs qu’ils voient dans les journaux. « Timbuktu » permet à chacun de se faire une autre idée et de refuser que tout un peuple, que toute une génération de jeunes artistes, soient pris en otage à cause d’une minorité de terroristes en quête de territoire et d’aura médiatique.

A l'époque des débuts de Tamikrest, le plus jeune devant c'est Zeidi Ag Baba, derrière lui, Moussa, Pino est celui qui tient la guitare à bout de bras.
A l’époque des débuts de Tamikrest, le plus jeune devant c’est Zeidi Ag Baba, derrière lui, Moussa, Pino est celui qui tient la guitare à bout de bras.

Fanchon : un très grand merci à tous les deux, Pino, Moussa, et franchement, quelle riche idée ce rendez-vous rêvé au bord du fleuve Niger sur cette dune rose de Koima, tout près de l’endroit où tu as vu le jour, Pino. Evidemment tous les lecteurs du Modoblog vous souhaitent par ma voix de réaliser très vite ce projet d’album pour venir nous le présenter en Bretagne et ailleurs, dès que possbile.

Amawal c’est un très bon choix pour ce projet qui joue avec les racines, la force du symbole (Amawal veut dire Turban) et cette volonté affirmée d’ouvrir la nouvelle génération d’artistes tamasheqs avec d’autres influences musicales, à l’image de ce qui se fait aussi beaucoup chez nous en Bretagne, où la musique traditionnelle est très créative. Respect!

Que cela ne t’empêche surtout pas, Pino, de bien étudier les futures propositions de tournage, parce que tu as déjà un sacré fan club international, prêt à suivre cette carrière cinématographique le plus loin possible. Au fait, tu nous le montres avant de nous quitter ce trophée international ?

Et le nominé est ... PINO

Et le nominé est … PINO ! BRAVO !!!

Image promotionnelle du film TIMBUKTU
Image promotionnelle du film TIMBUKTU

 

Timbuktu à la Une du Monde, à la veille de sa sortie nationale en France
Timbuktu à la Une du Monde, à la veille de sa sortie nationale en France

B comme Bonus

Awal dag amawal veut dire la parole sous le masque du turban. C’est un geste de respect, par lequel les hommes se couvrent le nez et la bouche.

Pour soutenir le projet « Voix du Sahara », en Bretagne, merci d’aller de temps en temps faire un tour sur la page facebook. Prochain rendez-vous le 22 janvier 2015 pour le coup d’envoi symbolique, dans sa version bretonne, de la Caravane pour la paix, lancement qui sera officialisé, cela va de soi, aux portes du désert dès le lendemain à l’occasion du très beau festival de Taragalte

Sur Timbuktu, un reportage pour revivre le tournage

Le site officiel du film

La page facebook

A découvrir sur ce blog, rencontre avec Zeidi Ag Baba

 

1 thought on “Pino, révélation surprise : le pari fou de Timbuktu

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