A la dune des juifs, souvenir d’une rencontre joyeuse avec deux canadiennes anglophones, trop heureuses de se poser là pour assister au tournage de Laila Lahlou.

Il y a quatre mois, j’ai vécu une nouvelle expérience aux portes du désert grâce à Plan B et à mes amis de M’Hamid el Ghizlane : l’organisation du tournage d’un documentaire pour la toute nouvelle chaîne Télé Maroc. Ces jours-ci, Laila Lahlou, réalisatrice marocaine à l’initiative de ce projet inédit, revit le voyage à la rencontre des habitants de cet ancien carrefour de caravanes au cœur de la vallée du Drâa. L’heure est au montage et aux choix parfois difficiles pour rendre au mieux ce qui fait la force et l’originalité de ce film.

Une des scènes du documentaire : les caravanes de touristes ont déjà disparu d’autres zones du Sahara désormais fermées pour cause d’insécurité. M’Hamid souffre des amalgames et doit faire face à cette crise du tourisme.

Si Plan B est au départ de l’existence de ce documentaire, c’est bien les habitants qui ont participé au tournage qui en font tout l’intérêt. Certes la documentation audio-visuelle sur cette région du Sahara ne manque pas, mais rares sont les témoignages que j’ai pu visionnés qui ne sont pas destinés aux touristes étrangers.  Cette fois, le propos est tout autre et le fait qu’une journaliste marocaine férue de culture soit aux manettes est loin d’être anodin.

Le film de Laila Lahlou apportera un éclairage tout à fait pertinent sur les enjeux de sauvegarde de l’héritage culturel dont sont dépositaires ces populations nomades, contraintes depuis quelques décennies à se sédentariser, voire à quitter leur terre natale dans l’espoir de trouver ailleurs de meilleurs moyens de subsistance.

Adil Belaguid est le 1er jeune nomade que Laila Lahlou a rencontré à son arrivée avant de le suivre sur la piste de Chegaga, la plus importante source de revenus de la région.

Le Haut-commissariat au Plan (HCP) vient de publier des données inédites sur le mode de vie de la population nomade au Maroc, sur la base des chiffres du recensement général de la population de 2014. Il en ressort que l’effectif de la population nomade recensée au 1er septembre 2014 a accusé une baisse de 63%, passant de 68.540 personnes en 2004 à 25.274 en 2014, ce qui représente environ 7 pour 10.000 de la population du Maroc. Extrait d’un article publié le 26/09/2016 (Huffpost Maroc)

Laila Lahlou avec son équipe, lors du concert très attendu de Bombino, un des ambassadeurs culturels du Sahara

C’est à l’automne que j’ai pu rencontrer pour la première fois Laila Lahlou, à Pontivy, chez un ami commun, dans mon restaurant préféré : le Marrakech Breizh. A l’occasion d’une deuxième rencontre, toujours en Bretagne, nous avons rapidement posé les bases du projet de documentaire visant à donner la parole aux habitants et à profiter du regard neuf de Laila pour sortir des sentiers battus et des clichés.

Vous ne verrez pas ce visage dans le film, pourtant nous avions presque réussi à tourner des images pour témoigner de la persistance du mode de vie nomade pour des familles non encore sédentarisées.

Le tournage s’est déroulé en deux temps, une semaine en mars, incluant parmi d’autres découvertes des images du 14ème Festival International des Nomades, une semaine en avril pour partager notamment un des ateliers de formation de l’association Terrachidia et le projet étonnant de l’oasis d’Ergsmar porté par mon ami Tahar.

Fellahs de Tagounite, récolte de luzerne au cœur des dunes, oasis d’Ergsmar, souvenir de repérage pour Laila Lahlou, chez Tahar, porteur d’un projet atypique

En mars 2015, le 1er forum international des nomades m’avait permis de mesurer tout l’intérêt de ces deux initiatives de développement durable, mais jusqu’à ma rencontre avec Laila Lahlou, je n’avais pas encore trouvé comment apporter une contribution utile, en dehors de mes billets sur Plan B, à ces actions exemplaires, militantes et solidaires.

Parmi les moments choisis partagés avec Laila et son équipe, j’ai eu grand plaisir à lui présenter la famille Laghrissi, sans qui rien de tout cela n’existerait.

En novembre prochain, j’aurais peut-être l’opportunité de proposer une nouvelle programmation « Voix du Sahara » au Cinéma Rex de Pontivy, à l’occasion du Festival des Solidarités (17/11-3/12). Il faudra attendre un peu avant de s’assurer qu’il sera possible de réaliser dans les temps un sous-titrage en français du film de Laila Lahou. Car  j’espère qu’après avoir touché un large public marocain ces images et ces témoignages de nomades pourront s’adresser à un auditoire international.

Alors pourquoi ne pas commencer par une diffusion à Pontivy, si Laila Lahlou accepte de me faire l’honneur et la joie de venir présenter elle-même son documentaire ?

Comme ici à Chegaga, l’aventure de ce tournage a été une succession d’émotions fortes pour toute l’équipe et de beaux échanges avec les habitants de M’Hamid el Ghizlane.

 

La pause avec Mustapha, propriétaire d’un bivouac à la dune des juifs et Otman, preneur de son pour Télé Maroc.

 

1 thought on “Laila Lahlou, la voix de Télé Maroc au Sahara

  1. Bonjour!! Nous nous sommes connus dans le Festival cette année, dans l’auberge La Palmerie (Virginie et Martin, les « Mil Grullas de Viaje por el Mundo »). Nous vous avons vu sur la documentaire, magnifique!!! Malhereusement il n’est pas completement en francais ou espagnol mais nous attendons que ca arrivera bientot. Nous sommes contents de vous revoir, a la prochaine!!!

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