Femmes ici et ailleurs, naissance d’un blog

Article : Femmes ici et ailleurs, naissance d’un blog
2 novembre 2019

Femmes ici et ailleurs, naissance d’un blog

Quand tu es mondoblogueuse, que tu t’intéresses aux droits des femmes, en France mais aussi partout sur le globe, tu trouves presque naturellement ce que tu cherches, à savoir des rencontres marquantes, des supports pertinents pour les partager.

A Dakar, en décembre 2015, invitée par le réseau Mondoblog-RFI, j’avais été vraiment surprise par la minorité que nous représentions, nous, les mondoblogueuses de cette sélection.

Photo souvenir de Dakar, décembre 2015, lors de la formation Mondoblog-RFI

Nous étions 13. Cela nous a rapprochées. Pour saluer ces femmes, ces militantes éparpillées sur la planète, de Washington au Sri Lanka, en passant par N’Djamena et Berlin, j’ai publié un article sur Plan B qui est le résultat et l’illustration de ce que peut apporter le travail en réseau.

Ce billet, je l’ai publié avec l’aide de ma fille, Lucine, alors âgée de 20 ans, parce que c’est aussi cela être femme.

Femmes, je vous aime

Un simple coup de fil

Trois ans plus tard, en 2019, une amie de longue date impliquée et reconnue professionnellement dans le combat de l’égalité Femmes-Hommes me contacte. Isabelle Gueguen est originaire de Plussulien, petite commune du Centre-Bretagne. Nous avions organisé au sein d’un même collectif d’associations de jeunes une rencontre internationale en zone rurale, il y a 30 ans. Depuis, Isabelle a suivi mes pérégrinations comme j’ai suivi les siennes, de loin. 

Elle qui était originaire du monde rural a fait sa vie en ville, d’où elle a tissé des liens précieux pour faire avancer la cause des femmes, notamment dans la sphère économique. Moi qui ne connaissais personne à mon arrivée en Centre-Bretagne, j’ai fait le choix de m’enraciner dans cette région en voie de désertification, d’y créer une famille, d’y travailler, avant de m’engager en tant qu’élue locale en 2008.

Isabelle m’appelle donc un jour pour me parler du Club Femmes ici et ailleurs.

Je découvre l’existence de ce magazine du Club FIA, qu’Isabelle souhaite me voir rejoindre et développer avec d’autres femmes en Bretagne. Je n’ai pas besoin d’arguments superflus, je vois déjà tout l’intérêt d’apprendre de ces femmes inspirantes, dont les récits font la ligne éditoriale de la revue papier, portée par une petite équipe salariée basée à Lyon. 

Femmes ici et ailleurs, c’est aussi un vaste réseau de bénévoles, sensibles comme moi aux vertus du dialogue interculturel, à l’engagement au sein de sociétés de plus en plus fragilisées par des violences, physiques, morales, économiques, culturelles, de toute nature. Il ne m’en faut pas plus pour saisir l’opportunité de rejoindre cette communauté agissante.

Je m’abonne pour 60 € à la revue dont j’adhère d’emblée aux valeurs, réitérant ainsi la démarche qui m’a conduite à rejoindre Mondoblog-RFI, puis Unidivers et Music in Africa. Encouragée par les retours de mes lecteurs, lectrices, sur ces différentes plateformes, je propose rapidement après lecture du magazine de pouvoir échanger en direct avec son créateur, Pierre-Yves Ginet, via les contacts d’Isabelle à Lyon.

Mi-octobre 2019, le hasard fait bien les choses, le réseau met en ligne son blog Femmes ici et ailleurs. Je vous le recommande fortement, si vous voulez élargir vos horizons et trouver des ressources dans ces parcours militants de femmes qui osent.

Quoi, un blog ? J’en suis !

Je ne pouvais pas rêver mieux que ce blog pour parler d’un film, que dis-je, du film, qui va marquer pour moi cette année 2019 : A girl from Mogadishu, et partager ma rencontre avec une jeune somalienne devenue citoyenne irlandaise, Ifrah Ahmed. Je dois cette découverte au directeur du Festival du film britannique de Dinard, à l’initiative de l’avant-première en France de cette fiction inspirée de faits réels.

Extrait de vidéo mise en ligne par l’Union européenne

Chanceuse comme je suis, je n’ai pas été seulement bouleversée par l’incroyable histoire de cette héroïne des temps modernes, ballotée par la vie, victimisée, souillée, avant d’en prendre les rênes. J’ai été transportée, littéralement, par ma rencontre avec la réalisatrice du film, irlandaise elle aussi, et sacrément volontaire pour se lancer dans pareille affaire. Cinq ans d’investissement, ce n’est pas rien. Cette femme inspirante et déterminée s’appelle Mary McGuckian.

Mary réside dans le sud de la France. Ces dernières semaines l’ont amenée à voyager aux USA, où A girl from Mogadishu rencontre un très vif succès.  Outre le récit inspiré de faits réels porté à l’écran, le casting y est certainement pour beaucoup. Avec Aja Naomi King dans le rôle-titre et Barkhad Abdi, révélé par Capitaine Philips, originaire de Mogadishu comme Ifrah Ahmed, la réalisatrice sait pouvoir compter sur deux atouts majeurs : leur notoriété grandissante, leur talent époustouflant. 

Sur le tapis rouge du festival de Dinard, Mary McGuckian et Ifrah Ahmed, rayonnantes – Crédit photo Jéremy Melloul

Voilà comment un film sur lequel vous trouverez très peu d’information en français se retrouve à la Une du tout nouveau blog du Club Femmes ici et ailleurs lors de son lancement, à ma plus grande joie. Lire le billet

Pour assurer à cette poignante histoire de femme une place au panthéon des films qui peuvent changer le monde par la seule force du regard posé sur des pratiques barbares héritées de sociétés privant les femmes de leur intégrité, de leur liberté, à vous de faire votre part du travail. Allez voir A girl from Mogadishu, quand il sortira officiellement au printemps 2020, et mieux encore, encouragez des salles et des festivals à le programmer en avant-première d’ici-là, près de chez vous.

En avant-première à Nairobi

Du 12 au 14 novembre, les Nations Unies organisent à Nairobi un grand sommet. Il y a vingt-cinq ans, 179 gouvernements adoptaient un programme d’action pour garantir la santé, ainsi que les droits des femmes et des filles. La question posée ? Que sont devenues les promesses ?

Programmé dans cet événement international, A girl from Mogadishu va bénéficier du rayonnement que ce film mérite et conforter les avancées acquises par toutes celles et tous ceux qui militent contre l’excision.

B comme Bonus

Site web de A girl from Mogadishu

Voici deux autres articles publiés dès mon retour du festival de Dinard

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