Avec René Nkowa, l’orpailleur 2.0, j’ai envie de podcastiner !

Article : Avec René Nkowa, l’orpailleur 2.0, j’ai envie de podcastiner !
Crédit: René Nkowa

Avec René Nkowa, l’orpailleur 2.0, j’ai envie de podcastiner !

J’ai participé hier à distance à un rendez-vous en présentiel organisé à Douala par l’auteur des pépites de Mondoblog, d’où l’orpailleur ! Merci René Nkowa. Tu es comme une bonne étoile dans mon ciel virtuel depuis notre rencontre à Dakar en décembre 2015. De la valeur essentielle des sessions de formation ! C’est ma toute première immersion dans les coulisses du podcast.

Dans le domaine de la création sonore comme pour le blogging, je suis une autodidacte. Tout comme René. Plus que la formation en soi, c’est l’envie de me joindre à un groupe, à une dynamique émergente qui m’anime. L’émulation me pousse en avant. L’ennui est un piètre ennemi, quoique perfide. Il cède tel un barrage édifié à la hâte face à un courant trop fort : le désir.

Photo souvenir du 3 août 2022 à l’issue de la toute première session de formation à Douala. René Nkowa (T-shirt blanc) est une ressource pour qui veut se lancer dans l’aventure du bloging ou du podcast. Crédit Sydney Mbianda

Et si je podcastinais au lieu de procastiner ! T’en dis quoi René ?

Ce que je ne capte pas sur le plan purement technique ne m’empêche pas d’aller au bout de ce que je souhaite vivre et partager. Je mesure ma chance de pouvoir me sentir à l’aise avec tous ces outils algorithmiques à notre portée, sans en comprendre la grammaire ni le vocabulaire.

Ce que je comprends en revanche très bien, c’est le pouvoir de l’écoute, la force du désir, la souplesse qui se cultive avec la faculté de saisir des opportunités, d’expérimenter, d’apprendre.

Quand j’étais jeune enseignante vacataire, l’agricultrice qui m’hébergeait dans son gîte à Kerantourner sur la commune de Cléguérec avait une expression qui me faisait sourire. « Françoise est prof d’ouverture ». En fait, elle ne croyait pas si bien dire. C’est sans doute la formule qui caractérise le mieux l’endroit où je me construis, encore aujourd’hui.

L’esprit d’ouverture, c’est ce qui permet de vivre des rencontres inespérées et surtout marquantes. Ici, mes retrouvailles avec Disco, grande chanteuse du Sahara, créatrice du groupe Tartit, un 14 juillet à Scrignac en Bretagne, je ne m’y attendais pas du tout !
Crédit Françoise Ramel

Mes rêves ne sont pas à vendre

L’ouverture à l’heure du numérique est à la fois une chance énorme et un vrai défi. Car nos écrans nous enferment souvent plus qu’ils libèrent notre créativité et nos potentiels. C’est un des paradoxes de notre époque, et pas des moindres. Nous vivons à l’ère de la société des connaissances et de la communication. Cela n’engendre pas moins de guerres, d’ignorance, de laideur qu’à l’époque de l’araire et des grandes croisades .

En y regardant de plus près, on pourrait même imaginer que nous sommes les sources d’alimentation intarissables, gratuites, ultra rentables d’un immense digesteur, un méthaniseur de la taille d’une planète si vous préférez. Une aubaine pour les industries et les actionnaires qui tirent profit du système. Et que brûle cette invention tentaculaire relayée par satellite à votre avis ? Nos désirs. Pour en faire quoi ? C’est au choix du plus puissant.

Avec la fibre, j’ai un débit de connexion qui ne me fait pas oublier que pour d’autres créateurs et créatrices de contenu la gageure est d’abord de pouvoir se fournir en liaison internet, de faire face à une actualité trop souvent déprimante. J’ai chaque jour le choix de la façon d’user de ce privilège. Que je procastine ou podcastine ne changera pas la face du monde.

Mais entre l’option voyage dans un placard ou dans l’espace, autant choisir d’explorer ce qui me laisse plus de chance d’apprendre et de me laisser surprendre. Mes rêves ne sont pas à vendre.

A Agadez, le rêve devient réalité en avril 2018. J’immortalise ce moment avec une jeune nomade inconnue qui fait certainement partie du groupe de danse, les Obaz. Je ne sais pas encore que ce voyage en zone rouge avec de jeunes artistes africains de musique urbaine me donnera la force d’oser me lancer dans la réalisation de mon premier projet de podcast, « Femmes de caractères« .
Crédit Françoise Ramel

J’ai surfé sur la révolution numérique

Différence de taille avec la génération connectée et mon ami Réné, j’ai tapé mon mémoire de maîtrise à la machine. Je revis encore en y pensant la promesse de soulagement et la fatigue harassante de cette nuit, où ma mère et moi nous sommes relayées jusqu’au petit matin. Tap, tap, tap, tap tap, tap. Des heures de frappe acharnée. Zip, zap, ligne après ligne, feuille après feuille, le mouvement de va et vient se répète à l’infini jusque dans ta tête, t’hypnotise d’autant plus que tu sens tes paupières s’alourdir.

Je ne vous parle pas des années 50, joliment mises en scène dans le film à succès « Populaire » de Régis Roinsard. Comme Rose Pamphyle, je serais moi aussi devenue secrétaire grâce à des cours du soir. Comme elle, j’aurais quitté ma campagne bretonne pour accéder à de meilleures conditions de vie, mais ça c’est l’histoire d’Annick, bientôt 80 ans, ma complice nocturne pour en finir avec mes années d’université.

On ne mesure jamais assez ce que sont les mères pour leurs filles. Et les progrès de toutes sortes qui sont de vraies révolutions entre seulement deux générations !

J’ai eu un semblant d’orgasme la première fois que j’ai vu des petits dossiers jaunes s’envoler sur l’écran en apprenant la manipulation pourtant toute simple « copier-coller » avec un collègue. Ce jeune animateur informatique nourrissait des poissons virtuels, quelle idée !

Françoise Ramel

Le sentiment d’œuvrer au destin d’une communauté virtuelle, le partage de valeurs dans le respect de la diversité, les menaces qui pèsent partout sur la liberté d’information, m’ont conduite à un autre niveau de conscience qui de fait change ma réalité et ma perception de cette réalité. Un peu comme le jour où j’ai enfin compris comment déplacer un fichier numérique et que ce mouvement s’est matérialisé sous mes yeux en direct sur l’écran.

Pas besoin d’être surdouée

A 50 ans passé, je me suis renouvelée dans ma capacité à repousser mes limites, à définir de façon spontanée le rôle et les modalités de ma propre contribution au sein d’un réseau qui a changé mes perspectives et mon échelle d’action : Mondoblog.

Le préalable est on ne peut plus simple. Je n’ai qu’à me rendre de temps en temps sur la plateforme Mondoblog, y repérer des plumes inspirantes, cueillir au passage quelques idées de mise en forme, goûter le génie d’un style, l’audace d’un parti pris. M’intéresser aux profils si divers des auteur.e.s. mis à la Une est devenu la 4ème dimension de mon quotidien.

C’est aussi une forme de justification. Mon envie d’interaction se doit d’être plus forte que ce constat frustrant, surtout quand on aime voyager et rencontrer d’autres cultures. Il est difficile de se projeter avec un réel soucis de concrétisation et d’efficacité dans des échanges à distance qui nécessitent tant d’énergie et de temps passé sur un écran. Pourtant, je le vérifie chaque jour, il est possible de tisser dans la durée des relations de qualité et un réel intérêt réciproque.

Blogueur autodidacte du Cameroun, René Nkowa a rejoint Mondoblog en 2010. Cela a donné une nouvelle direction à ses choix, à sa vie. Il est aujourd’hui, avec l’équipe qui coordonne notre réseau dans les locaux de France Médias Monde, celui qui connaît le mieux ce que nous publions et la façon dont le projet global de cette plateforme francophone a évolué depuis sa création.

Billet web ou podcast, l’art de créer ses propres contenus

2020 a marqué pour René Nkowa un cap important. Celui de dix années d’exploration de centaines de blogs WordPress hébergés par RFI pour publier une infolettre à raison de deux diffusions par mois : les pépites de Mondoblog. Depuis cette date, Radio France Internationale relaye officiellement ce travail si utile. Le rythme des sélections qui s’était interrompu avec l’arrêt de la formation de lauréats a repris justement en 2020.

Trois nouvelles promotions de mondoblogueurs ont ainsi pu rejoindre le réseau, ce qui accroit considérablement la masse de billets produits sur les cinq continents. Est-ce un hasard si les candidats camerounais étaient les plus nombreux à participer au concours Mondoblog en 2021, suivi de près pas les Tchadiens et les Ivoiriens ?

Par son engagement bénévole les cinq premières années de la parution des pépites, René Nkowa a fortement contribué à nous rendre curieux, ouverts, à repérer dans le foisonnement de propositions et de sujets traités des signatures, des styles qui ont nourri notre manière d’écrire et de publier.

L’infolettre parait toujours tous les quinze jours le samedi matin. Elle est devenue une institution dans le réseau. René Nkowa est missionné depuis plusieurs années déjà pour en assurer le contenu et la mise en forme, c’est bien normal vu l’ampleur de la tâche. L’audience des pépites s’est très largement élargie avec le relais de RFI et une trouvaille que le réseau doit à une journaliste de cette radio francophone écoutée sur tous les continents : Mondoblog Audio.

Le podcast est un nouvel instrument de la boîte à outils numérique qui en plus du message permet de transmettre des émotions.

René Nkowa, Douala Stories, 3 aout 2022

René Nkowa sait créer des espaces pour progresser

René a trouvé le temps je ne sais où de contribuer avec d’autres au développement d’un réseau national de blogueurs et blogueuses dans son pays, ABC, de décrocher un Master à l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille, de créer sa propre entreprise, Douala Stories. Il faut bien penser à vivre de son talent. La transition numérique, le marketing éditorial, c’est aussi un business, avec de très gros enjeux.

René, en jeune leader africain qu’il est, a choisi de développer sa propre stratégie pour concilier toutes ses aspirations, en faisant profiter les autres autour de lui de ce qui le fait lui-même avancer.

En novembre 2021, René Nkowa à la tribune en tant que Président du Comité d’organisation du 3è Sommet des blogueurs du Cameroun – Crédit ABC

J’ai eu la chance de rencontrer René Nkowa lors de la 4ème formation Mondoblog, en décembre 2015, à Dakar. Je garde le souvenir d’un jeune homme posé, discret, souriant, prévenant et à l’écoute. Je n’ai ni sa patience, ni sa passion, pour l’aspect ultra-technique du blogging, mais nous avons en commun plus important : le goût des autres et une certaine propension à nous surpasser quand cela en vaut la peine.

J’ai un jour trouvé sans y être préparée ce commentaire sur Plan B dans l’une des fameuses infolettres que j’aime parcourir, pour ce que j’y trouve et parce que je suis incapable d’une telle concentration, d’une telle abnégation. Cela remonte à si loin que je ne peux plus affirmer de façon certaine que j’étais au Sahara. Mais je peux vous dire que cela m’a fait un choc, comme si je réalisais seulement que Plan B était effectivement suivi par des personnes qui apprécient ce que j’y propose.

Merci René

C’est une de mes formules préférées, « merci René » ! Ou merci le Panda, puisque fut un temps, c’est le surnom bien sympathique que nous lui connaissions. Avec cette formation lancée hier pour nous réunir régulièrement jusqu’en décembre, en présentiel et à distance, ce qui n’est pas si simple, je me sens à nouveau plus proche de ce jeune développeur camerounais et surtout je reconnais dans ses choix et son savoir-faire l’intelligence et l’impact original de son travail.

La prochaine session d’écoute aura lieu à la fin du mois dans le cadre du projet PodcastHub pour lequel René Knowa a sollicité le soutien technique de Cowork.Africa, une entreprise locale partenaire qui dispose d’un studio d’enregistrement avec à son actif, comme Douala Stories, une vraie culture de l’accompagnement de porteurs de projet.

René Nkowa, l’auteur inspiré des Pépites de Mondoblog et de la formation PodcastHub à Douala
Capture d'écran PodcastHub Douala
Crédit : Françoise Ramel

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